Du labo au terrain : la technique de Jason Tavares pour modifier les propriétés des surfaces

Jason Robert Tavares a vu grand après son passage post-doctoral dans le milieu industriel : il a voulu révolutionner les technologies de traitement de surface, et ce, sans dépenser outre mesure.

Aujourd’hui professeur agrégé à Polytechnique Montréal, il peut se vanter d’avoir atteint cet objectif. En effet, il a mis au point une technique permettant de modifier les propriétés de surface d’une foule de matériaux.

« Je ne voulais pas que ça coûte cher, explique M. Tavares. Je voulais également explorer de nouveaux marchés et ouvrir l’ingénierie de surface à un public industriel le plus large possible. »

Plus précisément, le professeur est arrivé à contrôler les réactions chimiques entre un gaz et une surface lorsqu’elle est exposée à une lumière ultraviolette (technique appelée PICVD – dépôt de vapeurs chimiques photo-initié). Pour tester ce procédé à plus grande échelle, il a transformé une cabine de photothérapie (utilisée pour traiter les cas sévères d’eczéma), qui ressemble beaucoup à une cabine de bronzage. Pour ce faire, il a simplement changé les lampes de photothérapie pour des lampes UVC, du même genre que les lampes antimicrobiennes utilisées à des fins de stérilisation en biologie. Ceci lui a permis de se construire un réacteur de plus grande dimension pour mener ses expériences, le tout à un coût très raisonnable.

« On explore, dit humblement le professeur, fier de la participation de ses étudiants à ce projet. On apprend à maîtriser les technologies. »

Cette technologie a déjà montré son utilité pour plusieurs applications. Par exemple, dans le milieu pharmaceutique, elle peut servir pour le contrôle de qualité des médicaments injectables.

Les manufacturiers de seringues pré-remplies doivent s’assurer qu’il n’y a aucune particule solide à l’intérieur du liquide. Ils insèrent donc des billes de taille connue dans des échantillons de contrôle pour vérifier si le système de validation optique arrive à bien les détecter. Malheureusement, les billes plus fines ont tendance à coller aux parois de la seringue, ce qui empêche leur détection.
« Cette machine est comme le tyrannosaure dans Jurassic Park, image M. Tavares. Si la bille ne bouge pas, la machine ne la voit pas. On nous a donc demandé si on pouvait modifier la surface de la bille pour l’empêcher d’adhérer à la paroi. »
Son équipe et lui répondent « mission accomplie » à cette demande.

Dans le domaine de la construction, Jason Tavares teste son procédé sur le bois. Il veut traiter la surface du bois pour le protéger de l’eau, sans toutefois le rendre imperméable à 100 %.
« Le bois peut donc respirer et absorber l’humidité pour éviter sa déformation », explique-t-il.

Selon le chercheur, cette technique de protection du bois serait parfaite pour les planchers ou les patios. Chaque planche serait plus durable tout en demeurant à un prix abordable.

Univalor considère que cette vision du Pr Tavares est porteuse et doit être soutenue.

« Nous sommes heureux de compter cette technologie parmi nos projets en portefeuille, affirme Chloé Archambault, responsable de ce dossier chez Univalor. Nous sommes convaincus qu’elle intéressera de nombreux industriels. »

Découvrez cette technologie ici.